En 2025, rester sur le protocole HTTP simple reviendra à garer sa voiture fenêtre ouverte dans une grande ville : la plupart des navigateurs bloquent déjà l’accès à de nombreux services non sécurisés. Pourtant, certains sites persistent, retardant l’inévitable passage au HTTPS. Les prochaines normes européennes, elles, n’offriront plus de répit : nouvelles règles d’accessibilité, exigences renforcées de cybersécurité, calendrier serré, les plateformes sont sommées de se mettre à la page.
Vers une nouvelle ère de l’accessibilité web : enjeux et constats en 2025
La Commission européenne ne se contente plus de recommandations : d’ici 2025, chaque acteur du numérique doit revoir sa manière de concevoir l’accessibilité web. Les services publics et les entreprises européennes font face à des obligations renforcées, imposées par la loi égalité des droits et des chances en France et par les directives à l’échelle de l’Union. Le cap est clair : offrir aux personnes en situation de handicap une expérience numérique sans entrave.
La réalité, pourtant, est sans appel : à peine 4 % des sites web français atteignent actuellement un niveau jugé conforme par le RGAA référentiel amélioration. Les sites privés comme publics peinent à combler le fossé. Mettre en œuvre les nouvelles règles d’accessibilité exige une refonte profonde, qu’il s’agisse du design ou du code.
Pour se repérer dans cette mutation, voici ce que les plateformes doivent impérativement intégrer :
- Adoption obligatoire du HTTPS pour sécuriser les échanges
- Compatibilité avec les lecteurs d’écran et navigation simplifiée
- Publication régulière d’audits d’accessibilité
L’égalité des droits n’est plus négociable. Ce socle de nouvelles règles s’applique à tous : collectivités, commerces, réseaux de services. En France, la volonté de prendre la tête du mouvement est réelle, mais la proportion de sites accessibles révèle l’ampleur de la tâche. Seul un accompagnement solide et la mutualisation des expertises permettront d’avancer vite et bien.
Normes WCAG, RGPD, AI Act : quelles obligations pour les sites internet ?
Trois piliers structurent le nouveau paysage du web européen : WCAG pour l’accessibilité, RGPD pour la protection des données, et l’AI Act pour encadrer l’intelligence artificielle. Les éditeurs de sites n’ont plus le choix : ils doivent intégrer ces normes dans chaque composant de leur architecture numérique.
La Commission européenne exige une surveillance accrue. Respecter le RGPD ne se limite plus à afficher une bannière de consentement : il faut analyser, documenter chaque traitement de données personnelles, informer les utilisateurs avec précision. La moindre faille se paie cher.
Le référentiel WCAG élargit la notion de conformité. Désormais, un site ne se contente plus d’être consultable : il doit garantir une expérience accessible à tous, sur tous les appareils. Google, de son côté, valorise dans ses résultats les pages qui jouent le jeu.
L’AI Act vient ajouter une couche : tout recours à l’intelligence artificielle en ligne implique de signaler clairement son usage, d’expliciter la gestion des données et de prévenir tout biais discriminant. Les propriétaires de site doivent inventorier leurs algorithmes, fournir des garanties et être prêts à justifier chaque automatisation.
Pour répondre à ces défis, plusieurs mesures s’imposent :
- Informer clairement sur la collecte et le traitement des données
- Mettre en place des contrôles stricts pour chaque nouveauté technique
- Assurer la traçabilité et l’auditabilité de tous les systèmes automatisés
La conformité ne peut plus être l’affaire d’un seul service : elle mobilise designers, développeurs, experts techniques et DPO. Sur le marché européen, respecter ces règles devient un véritable levier de performance.
Pourquoi le protocole https devient incontournable pour la conformité et la cybersécurité
Le https n’est plus une option. La moindre défaillance de sécurité transforme un site en porte ouverte : données interceptées, transactions piratées, confiance brisée. Le chiffrement systématique des échanges, formulaires, identifiants, paiements, s’impose comme réponse directe aux exigences récentes et à la montée des cyberattaques.
Du fournisseur de services au fabricant de produits connectés (IoT), la capacité à protéger l’intégrité des échanges est scrutée. Un défaut, et la chaîne de confiance vacille. Se conformer aux règles européennes sur la cybersécurité implique de placer le protocole https au cœur du dispositif. RGPD, Cyber Resilience Act à venir, recommandations de l’ANSSI : tous convergent vers le même impératif, le chiffrement.
Voici les points-clés à retenir pour garantir la sécurité :
- Protection des données sensibles contre toute interception
- Preuve d’authenticité du site pour rassurer les utilisateurs
- Alignement avec les attentes pour proposer des services numériques fiables
Le https s’impose aussi dans l’univers de l’Internet des objets. L’essor des objets connectés impose une vigilance accrue : le moindre capteur, mal protégé, peut devenir la porte d’entrée d’une attaque. Face à l’accélération des menaces, adopter https ne souffre plus le moindre délai. La cybersécurité démarre dès la conception du protocole.
Anticiper les évolutions : comment préparer son site aux standards de demain
Se préparer pour les standards internet 2025 requiert une transformation profonde, bien au-delà d’une simple mise à jour technique. Les équipes doivent composer avec la gouvernance des données, l’intégration de nouveaux référentiels internationaux et l’accélération des textes européens. Toute entreprise, qu’elle gère une plateforme, des services connectés ou d’importants volumes de données, doit agir sans attendre.
La migration vers le https n’est qu’un point de départ. Examinez de près vos outils : extensions, CMS, serveurs. Les technologies vieillissantes freinent la conformité. Adopter des références comme l’ISO 27001 pour la sécurité ou l’ISO 25010 pour la qualité logicielle devient un repère pour avancer. Renforcer la coopération entre développeurs, juristes et responsables data est indispensable. Une gouvernance efficace repose sur l’implication de tous.
Pour réussir cette transition, plusieurs étapes s’avèrent décisives :
- Cartographier les flux de données et repérer les vulnérabilités
- Utiliser des outils d’audit automatique pour détecter les faiblesses
- Assurer une veille continue sur les textes européens en discussion
Mettre à jour ses CMS, suivre les évolutions du W3C, investir dans la formation et le dialogue avec les autorités de contrôle : voilà ce qui distingue les acteurs capables de prendre le virage. Ceux qui sauront anticiper et s’adapter rapidement ne subiront pas les futurs standards, ils les façonneront.


